Pont-Salomon en 1939 (Poésie d'Eugène David)

PONT-SALOMON

 

C'est ici que commence, et par chemin de fer

Jusque vers Annonay, ce beau coin poétique.

C'est la succession tout à fait artistique

De forêts, de verdure et hameaux au grand air.

C'est un film reposant où rien n'y semble étique.

 

Pont-Salomon est encaissé

Dans le vallon de la Semène ;

Près de la route il s'est tassé,

En prospérant presque sans peine.

 

Avant l'entrée, on longe en haut

Un précipice, à pic, ou presque.

Qu'il en faudrait peu pour un saut

Dans ce décor quasi-dantesque !

 

En bas l'usine, où le marteau

Forge l'acier pour l'outillage ;

Puis, à mi-flanc le grand château

Dont les sapins forment l'ombrage.

 

Sur une place et bien à part

Le presbytère et son église

Ont un cachet marqué par l'art ;

L'effet recherché se réalise.

 

C'est bysantin ou bien roman ;

Les deux peut-être et que m'importe ?

Le Beau m'atire à son aimant

Et dans son temple une âme est forte...

 

C'est ici que commence, et par route et par fer,

Jusque vers Annonay, ce coin si poétique.

On parle rarement dans le sens artistique

De ce joli pays, de ses bois, de son air.

 

Eugène DAVID

"Poésies", 1939

Extrait du livre de Joseph Gourgaud "Les usines Massenet à Pont-Salomon". Cliché : château de l'Alliance (Renaud Aulagner 2001)